Fédération Internationale de Thérapie et de Relation d'Aide par la Médiation

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FITRAM

Informations

Date de publication : 01•06•2003
Auteur : Didier Vernay
Catégorie : Fitrama
Lien : Table ronde sur les thérapies à médiation animale
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Document original

Intervenants :

  • Docteur Nadège Miklas - Ethologue / Docteur en biologie du comportement - SRPM ( Station de recherche pluridisciplinaire de Metz)
  • Docteur Didier Vernay - Neurologue / Chef de service au C.H.U. de Clermont-ferrand - Président de l’association AFIRAC / Coordinateur de l’association GREFTA

Participants :

  • Catherine ROBLEN : Association ADIRAC ( association Française d’information et de recherche sur l’animal de compagnie )
  • Sabine ROUBIRE : Association Lianes.
  • Isabelle DE TOURNEMIRE: Association « Parole de chien ».
  • François BEIGER : Zoo thérapeute / éthologue canin - Président Fondation pour la trisomie au Canada - Président et fondateur de l’institut Français de zoothérapie - Président association « Handicap, rêves, défis, jeunesse ».
  • Laurence FONTANA-MULLER : Educatrice spécialisée en Suisse / Praticienne en thérapie avec le chien / Association «  Fondation Per Canem ».
  • Pierre RYBARCZYK : Docteur en science animal / Ethologue Association «  Chien et compagnie »
  • Vanessa KOCHER : Psychologie clinique.
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Table ronde sur les thérapies à médiation animale

Pourquoi l’animal ?

Particularités de cette thérapie

La thérapie à médiation animale introduit un être vivant, n’appartenant pas à notre monde. La présence d’un éthologue est alors indispensable, selon Miklas Nadège. En effet l’animal est un élément important de cette pratique, mais c’est avant, tout, un « facteur vivant », qui doit être pris en charge à part entière par un éthologue. L’animal est un outil de perception : il permet aux patients de voire les choses différemment et de se détacher du regard humain. De même, l’animal est pédagogique et amène l’autre à s’adapter pour l’approcher, puis pouvoir l’apprivoiser au fil des séances. Il insiste beaucoup sur le facteur vivant de cette thérapie et ce que cela entraîne : chaque animal a ses codes, son monde…

…l’animal : « un prétexte pour se confier »

Sabine Roubire effectue deux types de pratiques. Soit elle organise des séances en institutions avec des malades ou des personnes âgées, soit elle travaille dehors avec des sans domiciles fixes ou des personnes isolées. L’objectif est de maintenir la relation, les liens entre l’animal et son maître, lorsque ce dernier rencontre des difficultés. L’animal permet, selon Roubire Sabine, de recréer ou de maintenir le contact avec le patient. C’est un prétexte pour se confier. On va parler de soi par son chien.

L’animal facilite la rencontre

Vanessa Kocher a effectué deux stages dans des structures de thérapie à médiation animal, dont un dans un maison d’enfants à problèmes sociaux et l’autre dans l’association de thérapie par le cheval Hopla. Elle retient de ses expérience un constat évident : l’animal facilite la rencontre, notamment en ce qui concerne les enfant autistes, présentant des difficultés relationnelles avec les humains. La rencontre étant, selon elle, l élément clés de la mise en place d un travail thérapeutique. En insistant sur le départ de la relation entre le soignant et le patient, elle met en évidence l aspect forcé qu ont ce genre de thérapie pour le patient et l appréhension que ce dernier peut avoir face à un psychologue, symbole de la folie et de la maladie. Selon elle, l’animal permet d établir un lien avec le patient et de faciliter la mise en place d un suivi thérapeutique.

« D’où vient cette fascination pour l’animal ? »

Pierre RYBARCYK précise qu’il y a, tout d’abord, une relation d’archaïsme entre l’humain et le chien. L’animal nous renvoie à l’animalité en nous. Il est un élément intéressant, dans le sens où le patient devra, pour apprendre quelque chose à l’animal, puiser dans ses propres ressources afin de trouver une alternative à la violence. Marguerite WEITH complète cette réponse en confirmant que l’animal nous renvoie bien à notre archaïsme. Mais elle précise que l’animal ne guérit pas, et que l’on ne domine pas son archaïsme. Elle pense qu’on le travaille tout au plus.

« Faire faire avec le chien »

Isabelle De Tournemire propose des animations collectives sans thérapeute. Seul des animateurs encadrent les séances. Le but est de responsabiliser le patient. Elle dira : « Faire faire avec le chien »

Le chien induit un « mieux-être »

Tournemire travaille avec les maîtres et leurs chiens, lors d’interventions dans des hôpitaux, des maisons de retraites. Tout comme Catherine Roblen, elle parle de « mieux-être », en ce qui concerne les apports liés à la seul présence d’un chien. Selon elles, Il n’y a pas de jugement d’humain, ni de psychologues : il y a seulement le maître, son chien et un animateur. Ceci instaure un climat affectif et de confiance, qui permettra au patient de recommencer à croire en lui.

L ‘effet miroir du chien

Laurence Fontana-Muller parle d’effet miroir dans la thérapie avec le chien. Tout d’abord, elle explique avoir été témoin d’un sauvetage de personnes par des chiens, ce qui l’a amené, en tant qu’éducatrice spécialisée, vers ce genre de pratique. Elle a été émue de voir ce que pouvait engendrer la présence d’animaux : les personnes ne venaient vers les sauveteurs que parce qu’il y avait les chiens. Elle souligne « l’effet miroir » du chien : si la personne est triste, l’animal le sera aussi. Dans ces thérapies, le chien a le rôle de récepteur des réflexions internes du patients. Pour faire prendre conscience au patient des relations, qu’il a avec l’animal et ce qu’elles révèlent, elle n’hésite pas à utiliser la vidéo dans ses séances.

Exemple de Michèle

L’éthologue Didier Vernay raconte l’histoire de cette femme battue, arrivé à l’hôpital dans le coma . Elle ne réagissait plus qu’à la musique que ramenaient ses proches. Les soignants ont essayé plusieurs formes de thérapie, mais rien ne marchait. Puis ils ont essayé la thérapie avec le chien. A la première séance, l’animal est entré dans le bureau et a posé sa tête sur la cuisse de Michèle. Paralysée du côté gauche, elle s’est mise à tapoter sur le fauteuil avec sa main droite. Didier Vernay prend cet anecdote, à titre d’exemple, pour montrer que l’animal provoque plus de réaction à lui seul que toute une équipe formée et compétente.

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